LE CHANGEMENT CLIMATIQUE EST SEXISTE 2.0: SECONDE EDITION DE NOTRE APPEL A L'ACTION
- Mary Einbinder
- 8 janv.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 janv.
Le 25 novembre 2025, CARE Belgium a réitéré son appel à l’action pour le climat et les droits des femmes lors de la seconde édition de son événement de plaidoyer « LE CHANGEMENT CLIMATIQUE EST SEXISTE 2.0 », mettant en lumière l’impact du changement climatique sur les inégalités de genre. Cette nouvelle édition s’est une fois encore déroulée à Flagey, à Bruxelles, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, tout en faisant écho aux débats de la COP30.
Alors que le changement climatique continue d’aggraver les inégalités à l’échelle mondiale et que les droits des femmes subissent un réel “backlash”, cet événement de plaidoyer a rappelé l’importance de donner aux femmes une voix et une plateforme afin de lutter contre l’impact du changement climatique de manière durable et inclusive.
La conférence modérée par la journaliste Lizan Nijkrake, spécialisée dans les droits humains, a réuni des décideurs politiques, des activistes, des militants éco-féministes, des organisations internationales et des représentants de la société civile afin de mettre en lumière la manière dont le changement climatique exacerbe les inégalités de genre , tout en valorisant le leadership des femmes dans la lutte pour la résilience et la justice climatique.
Les panélistes Princesse Esmeralda de Belgique, journaliste, réalisatrice et activiste pour le climat et les droits humains et présidente d’honneur de CARE Belgium ; Marie Lecocq, co-présidente d’Ecolo ; Els Lecoutere, chercheuse principale au CGIAR GENDER Impact Platform et lead de l’initiative sur l’égalité des genres HER+ ; Karolina Wilberg, chargée de mission politique à la Commission européenne, DG ECHO ; Zakia Khattabi, députée et ancienne ministre fédérale de l’Environnement ; Chiara Armeni, professeure de droit de l’environnement (ULB) ; et Caroline Nieberding, professeure en écologie terrestre (UCLouvain & BEE Lab) ont débattu des impacts disproportionnés du changement climatique sur les femmes, en particulier dans les pays du Sud global, et de l’importance de leur inclusion dans les initiatives climatiques pour des solutions plus efficaces, équitables et durables.
Pourquoi le changement climatique est-il sexiste? La réponse de nos panelistes:
Els Lecoutere, chercheuse principale au CGIAR GENDER Impact Platform et lead de l’initiative sur l’égalité des genres HER+
Karolina Wilberg, chargée de mission politique à la Commission européenne, DG ECHO
Chiara Armeni, professeure de droit de l’environnement (ULB)
Princesse Esmeralda de Belgique, présidente d’honneur de CARE Belgium et journaliste, réalisatrice et activiste pour le climat et les droits humains
Le problème : le changement climatique est sexiste
Le changement climatique a un impact négatif disproportionné sur les femmes, exacerbant les inégalités existantes entre les sexes. Les femmes, en particulier dans les pays en développement, sont souvent les principales dispensatrices de soins, responsables de l’approvisionnement en nourriture, en eau et en carburant, ce qui les rend particulièrement vulnérables au changement climatique. Touchées de manière disproportionnée par la crise climatique, alors même qu’elles contribuent le moins à ses causes, elles font face à des risques accrus liés aux phénomènes météorologiques extrêmes, aux déplacements forcés et à la raréfaction des ressources, et sont souvent exclues des processus de prise de décision qui façonnent les réponses au changement climatique (1).
Dans le même temps, les femmes sont fréquemment à l’avant-garde des solutions climatiques, en menant des actions d’adaptation communautaire, de renforcement de la résilience et de plaidoyer. Pourtant, leur leadership et leur expertise restent insuffisamment reconnus et financés.
CARE International reconnaît ce déséquilibre et s’engage à intégrer l’égalité de genre au cœur de l’action climatique. Depuis sa création en 1945, CARE accorde une priorité constante aux femmes et aux filles dans son travail : cette approche repose sur la conviction que l’autonomisation des femmes est essentielle pour bâtir des communautés résilientes et promouvoir un développement durable.

Journée internationale contre l'élimination des violences basées sur le genre
Le changement climatique a également pour conséquence l’augmentation des violences sexistes pendant les périodes d'instabilité. Par exemple, lors de crises, les filles dans les pays du Sud sont souvent exposées à une augmentation de la déscolarisation et des mariages forcés. Ainsi, on estime que 70% des enfants déscolarisés lors de périodes de sécheresse au Botswana sont des filles (3). Le changement climatique menace également la santé et, plus largement, la vie des femmes et des filles. Dans de nombreux pays, elles sont les premières à se priver de repas en cas de pénurie alimentaire, du fait de la place secondaire que les normes sociales sexistes leur attribuent. Des études montrent qu’elles sont aussi les premières victimes des catastrophes naturelles liées au climat. Lors d’inondations par exemple, dans certains contextes, elles se retrouvent bloquées car elles n’ont pas eu accès aux alertes, ne peuvent pas sortir librement de chez elles, ou ne savent pas nager car trop souvent les normes sociales leur interdisent d’apprendre à le faire, contrairement aux garçons et aux hommes. En Europe aussi on arrive au même constat : les vagues de chaleur de l’été 2022 ont fait 56% de victimes féminines supplémentaires (2), confirmant ainsi que la santé des femmes est plus durement touchée par les dérèglements climatiques.
Quelles sont les solutions ? L’écoféminisme ?
Si le changement climatique pose des défis considérables, les femmes jouent également un rôle indispensable dans la lutte contre ce phénomène . Elles sont en première ligne des efforts d’adaptation et mènent des initiatives visant à atténuer les effets du changement climatique dans leurs communautés.
Les femmes jouent un rôle incontournable dans la lutte contre le changement climatique. Elles ne sont pas seulement les plus impactées par le changement climatique, elles sont aussi au cœur des pratiques de résilience climatique. CARE le constate partout dans le monde : les femmes sont souvent les premières gardiennes des ressources naturelles, partagent et transmettent leurs savoirs à leurs communautés et leurs familles. Bien souvent, elles conçoivent et mettent en œuvre des solutions innovantes, efficaces et peu coûteuses.
La participation des femmes n’est pas seulement cruciale et nécessaire pour bâtir un avenir plus durable, elle doit être inhérente au processus de décision de l’action climatique. Encore trop méconnu, l’écoféminisme vise précisément à entrecroiser cette lutte pour l’égalité des genres et celle pour la justice climatique. C’est pourquoi CARE les soutient dans leurs projets non seulement pour les aider à sortir de la pauvreté et des violences, mais aussi pour faire émerger des solutions durables au changement climatique.

Clôture: Représentation théâtrale
L’événement s’est conclu par la représentation théâtrale « Regards: Climate Change is Sexist » de la Compagnie qui Pétille. À travers une mise en scène à la fois créative et humoristique, les comédiens ont abordé les défis du changement climatique, les discours parfois incongrus des climatosceptiques, tout en invitant le public à réfléchir collectivement aux solutions pour une planète plus verte et durable. Grâce à la force du théâtre et de l’improvisation, la troupe a exploré les liens entre changement climatique, inégalités de genre et dynamiques sociales. Enrichie par les interactions avec le public, chaque scène s’est transformée en un espace de dialogue, d’émotion et de réflexion partagée.
Sources:
(2) She Grows The Future Flagship Project - CARE Climate Change
(3) Dossier de presse: Climate Change is Sexist: CARE_DP_CLIMATE_CHANGE_IS_SEXIST_V3






